"Mon cœur est à la rue" : François Morel ressuscite la chanson d’antan
L'artiste aux multiples talents présente un nouvel album issu d’un spectacle commandé par le musée d’Orsay. Conçu avec Antoine Sahler, ce projet mêle chansons d’époque, notamment inspirées d’Aristide Bruant, et compositions originales écrites dans l’esprit des années 1880‑1890. Entre humour, critique sociale et regard contemporain, l’artiste revisite un répertoire populaire aux thématiques toujours actuelles.
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L'artiste aux multiples talents explore la chanson populaire de la fin du XIXᵉ siècle.
''Mon cœur est à la rue (Un soir à Orsay)'' est sorti le 27 mars.Le point de départ du projet repose sur l’univers d’Aristide Bruant, figure majeure de la chanson réaliste. François Morel évoque un répertoire à la fois « extrêmement subtil et extrêmement populaire », déjà transmis par des interprètes comme Patachou, Marcel Mouloudji ou Renaud.
À partir de ce socle, le spectacle puis l’album alternent entre chansons authentiques de l’époque et créations originales écrites dans le même esprit. La frontière entre les 2 est volontairement brouillée. François Morel cite notamment Marie‑Madeleine, interprétée par Lucrèce Sassella, qu’il imagine aisément chantée par une artiste du Paris de la Belle Époque. L’humour y côtoie la satire sociale, dans la veine des chansons de rue de la fin du XIXᵉ siècle.
Les thèmes abordés restent étonnamment contemporains : alcoolisme, rapports de domination, violences faites aux femmes. « On parle de l’alcoolisme, on parle de la violence », rappelle François Morel, soulignant la modernité de ces textes anciens ou recréés.
Ce travail musical s’inscrit dans une actualité artistique dense. Parallèlement à l’album, François Morel prépare une nouvelle mise en scène de L’École des femmes de Molière, sous la direction de Robin Renucci, confirmant son goût pour les allers‑retours entre patrimoine et création.
Habitué des tournées, François Morel s'est prêté avec humour au rituel automobile. Il raconte avoir obtenu son permis « à la 3ᵉ fois », l’inspecteur lui glissant alors : « Vous pourrez conduire… enfin non, vous roulerez ! » Une philosophie qu’il résume en citant Juliette : « La vie est trop courte pour aller vite. »