Carburants : Michel‑Édouard Leclerc prévient d’une hausse durable des prix
Le président du comité stratégique des centres E. Leclerc estime que les prix des carburants ne baisseront pas "de sitôt", évoquant une crise énergétique susceptible de durer jusqu’à l’hiver prochain. Interrogé par l’AFP, il met en cause la forte volatilité des marchés pétroliers et les tensions géopolitiques au Moyen‑Orient. Il juge inefficaces les menaces de plafonnement des marges et appelle plutôt à la suspension des certificats d’économies d’énergie.
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Une station-service : les prix des carburants pourraient rester élevés pendant plusieurs mois
© Esta Webster - stock.adobe.comSelon lui, la situation actuelle rend toute anticipation impossible pour les distributeurs. « C’est impossible aujourd’hui, même pour un opérationnel, d’avoir un plan d’achat », a‑t‑il expliqué, pointant une volatilité extrême des prix, avec « 60 centimes quelquefois en une semaine sur un litre ». Il a rappelé que le pétrole sert à produire plusieurs carburants, du gazole au kérosène, et que les marchés secondaires subissent eux aussi ces fluctuations.
Interrogé sur un éventuel retour aux prix d’avant la guerre au Moyen‑Orient, Michel‑Édouard Leclerc s’est montré sceptique. « Je ne sens pas le truc là », a‑t‑il déclaré, évoquant les infrastructures détruites et les perturbations du transport maritime.
Dix jours plus tôt, alors que des pourparlers semblaient se profiler, il avait pourtant envisagé une baisse progressive des prix à la pompe de « dix à quinze centimes », tout en restant prudent. Depuis, le gouvernement a appelé les distributeurs à réduire leurs tarifs, brandissant la menace d’un plafonnement des marges.
« Ce n’est pas ça qui fera baisser les prix », a réagi le dirigeant, plaidant plutôt pour la suspension des certificats d’économies d’énergie. Une mesure qui permettrait, selon lui, de réduire le prix des carburants de « 15 à 17 centimes ». Le gouvernement doit réunir lundi les représentants des distributeurs à Bercy pour faire le point sur l’évolution des prix.
Concernant les produits de grande consommation, Michel‑Édouard Leclerc a assuré que « le prix du caddie n’augmente pas » à court terme, tout en avertissant qu’une crise énergétique prolongée pourrait relancer l’inflation.