Xavier Phillips réinterprète Piazzolla uniquement avec des cordes

Réinterpréter Astor Piazzolla, sans trop s’éloigner du maître, voilà qui n’est pas évident. Mais le violoncelliste Xavier Phillips y parvient à merveille sur son nouvel album, s'amusant avec quantité d'effets sur l'instrument.

Publié le :

Xavier Phillips réinterprète Piazzolla uniquement avec des cordes
2:00

Des arrangements, des cordes et des effets pour apporter une nouvelle jeunesse à Piazzolla.

© Lyodoh Kaneko
Xavier Phillips considère qu’il ne faut pas ‘‘jouer beau’’ la musique de Piazzolla. Pas évident quand on vient du monde du classique. Mais ce que veut dire par là le violoncelliste, c’est que cette musique, ce tango, doit être interprété avec un côté rugueux : « J'ai mis vraiment un point d'honneur à faire en sorte que le ‘‘son Piazzolla’’ soit présent sur ce disque. Il y a une rudesse, il y a une rugosité, des aspérités. Et moi je veux retrouver ça. Je veux retrouver ce côté dur, ce côté acerbe et en même temps ce côté sucré qu'il peut y avoir parfois. Volontiers sentimental, très nostalgique. Mais c'est une musique qui est puissante, qui a des aspects violents. Parce que, c'est l'histoire. C'est l'histoire de l'Argentine. C'est l'histoire du tango aussi. »

Ce nouvel album de l'artiste, paru chez La Dolce Volta, donne à entendre des transcriptions de talent, signées d'un ami cher du violoncelliste : Olivier Calmel. Il fait utiliser aux musiciens, pour rendre l'âpreté voulue par Xavier Phillips, de nombreux effets : « Il y a des effets comme la chicharra, qui ressemble au bruit d'un crapaud, pour laquelle on joue sur les garnitures des cordes. Il y a aussi des effets de fouet avec les doigts sur la touche, des effets de de grincements, de craquements réalisés avec l'archet. On tape aussi l'instrument, parfois c'est très violent ! »

Précisons que les intrumentistes de l'album ne jouent que sur des instruments à cordes. Il s'agit des Lausanne Soloists, un ensemble suisse dont Xavier Phillips a la direction artistique, et composé uniquement d'étudiants encore en cursus à la Haute Ecole de Musique de Lausanne, donc sans expérience de la scène ou du métier d'orchestre. Xavier Phillips salue toutefois volontiers l'enthousiasme et la passion dont font preuve ses étudiants. Le résultat de leur travail ensemble est brillant. L'empreinte de Piazzolla, le maître du tango argentin, est respectée. Présente, mais sans plagiat facile. Les ‘‘Quatre Saisons’’ et le ‘‘Concerto pour bandonéon’’ renaissent, grâce à ces arrangements fins et piquants, de la plus belle des façons.
00:00 / 00:00

Pour approfondir le sujet

Flux RSS

Partager cet article

À découvrir sur le même thème

© Radio Atlandes Autoroute 2018
Crédits photos © adobestock.com
Mentions légales
Qui sommes-nous ?
Annonceurs
Contact
Atlandes Autoroute A63
Modifier vos consentements de Cookies