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Raphael Jouan : un premier concerto signé Dvořák

C'est la première fois que le violoncelliste de 32 ans sort un album avec orchestre. Il a choisi l'un des concertos préférés des violoncellistes, composé par Dvořák. Une réussite !

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Raphael Jouan : un premier concerto signé Dvořák
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C'est la première fois que le violoncelliste de 32 ans sort un album avec orchestre.

© Lyodoh Kaneko
Coup de projecteur cette semaine sur une œuvre grandiose créée aux États-Unis. Le compositeur tchèque Antonin Dvořák dirigeait le conservatoire de New York quand il a imaginé son ‘‘Concerto pour violoncelle en si mineur’’. C'était en 1894. Un chef d'œuvre que le violoncelliste Raphaël Jouan a choisi d'interpréter pour son tout premier album avec orchestre symphonique (‘‘Dvořák - Cello Concerto’’ chez La Dolce Volta). Orchestre auquel il tient, puisque c'est celui de Metz Grand Est, dans lequel ses parents sont musiciens.

Originaire de Metz et parisien d'adoption, Raphaël Jouan possède un jeu mâtiné d'influences multiples, à l'image de Dvořák : « On connaît sa ‘‘Symphonie du Nouveau Monde’’, qu'il a composée peu de temps après aux États-Unis et dans laquelle on entend des influences locales. Mais ce concerto laisse une très belle part à l'orchestre, avec des grands moments de de tutti où ils sont parfois sans moi, et où parfois des échanges entre moi et différents instruments s'installent, c'est d'ailleurs ce qui m'a attiré quand j'ai visualisé un projet avec cet orchestre que j'aime. »

Au moment de la composition du concerto, il venait d'arriver aux États-Unis, et on ressent une forme légère de nostalgie de ses racines, explique-t-il : « Il y a ce côté très touchant du romantisme et des mélodies où il va revenir un petit peu à sa Bohème natale, en combinant cela avec une puissance orchestrale cuivrée qu'on pourrait associer un peu au style ‘‘à l'américaine’’. Et donc dans ce concerto il y a un peu le meilleur des 2 mondes ! »

Ce chef d'œuvre, incontournable pour les violoncellistes, l'est également pour Raphaël Jouan : « C'est une épopée pour moi, ce concerto, une aventure énorme. Le violoncelle peut être considéré comme le héros un peu central de cette aventure, mais comme je le disais, il y a tellement d'échanges au sein de l'orchestre qu'il y a finalement plein de personnages partout. »

Le violoncelle que joue le musicien sur cet album est d'ailleurs un peu plus qu'un héros. Création de Matteo Goffriller de 1700-1710, l'instrument était à l'origine une basse de procession, que son propriétaire de l'époque jouait dans les rues de Venise. Arrivé jusqu'à nous, il est aujourd'hui la propriété d'un mécène québécois (fabricant de pièces industrielles) qui n'est pas musicien, mais prête occasionnellement son divin protégé, quand le projet le mérite. Celui-ci, remarquable, le valait bien.

Raphaël Jouan se produira en concert à Paris, salle Gaveau, le jeudi 9 avril 2026.
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