Comprendre la part du facteur humain dans les accidents
Au laboratoire mécanisme d’accident de l’université Gustave Eiffel à Salon-de-Provence, des chercheurs analysent les accidents juste après leur survenue. Leur objectif : comprendre les interactions entre l’usager, le véhicule et l’infrastructure, sans déterminer de responsabilités, afin de faire progresser la recherche en accidentologie.
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Des chercheurs analysent les accidents juste après leur survenue.
© Illustration conceptuelle générée par IACéline Parraud, chercheuse et psychologue, intervient directement auprès des personnes impliquées. Elle explique son rôle sur le terrain : « Moi, en tant qu'enquêtrice psychologue, je suis là pour apaiser les gens et pour leur expliquer l'objectif de mon intervention parce que les gens sont affolés, aucun de ces 2 conducteurs n'a souhaité avoir un accident. » L’enjeu est de comprendre le déroulé des événements : « On veut comprendre comment l'accident s'est construit pour chacun des conducteurs. »
Les équipes ne cherchent pas à établir des responsabilités. Leur travail repose sur la collecte de données destinées à la recherche scientifique : « Vous avez des données concernant l'usager, l'infrastructure et le véhicule. Vous avez ces 3 éléments et nous travaillons sur les interactions entre ces 3 éléments. » Les dossiers d'accidents constitués servent ensuite de base à des études thématiques : « Après, ce sont des chercheurs psychologues qui vont prendre nos dossiers d'accident et mener des études, par exemple, sur les aides à la conduite, les jeunes conducteurs, les conducteurs. L'utilisation de substances illicites au volant. »
Cette méthode s’inscrit dans une vision d’ensemble de l’accident : « Mais c'est vraiment une approche globale et complexe de l'accident. » À l’échelle individuelle, Céline Parraud rappelle un principe de prudence à adopter au volant : « Quand vous avez un doute, Ouh là là, qu'est ce qu'il est en train de faire ce conducteur ? Ne pas répondre à sa place, attendre et ralentir et laisser la situation se dérouler. » Selon elle, « On a tendance à trop se mettre à la place des gens et imaginer la suite. »
Notez que l'université Gustave Eiffel propose une formation en expertise en accidentologie, une compétence rare et recherchée notamment par les magistrats.